28
avr
09

Cénobitisme et Fitness

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Je décidais, sous la pression grandissante de ma chère Yesica, de m’inscrire à la salle de sport du bord de mer.

Je ne devais pas le regretter, non pour la croissance de ma masse musculaire qui égalait en intensité celle du pissenlit privé d’eau, mais pour l’univers que j’allais y découvrir.

La salle de musculation est un temple. Les adeptes, que je baptisais affectueusement « musculeux », y communient ensemble dans une joyeuse fraternité contemplative qui n’est pas sans rappeler l’Ordre des Chartreux de Saint Bruno.

Les communiants y sont cependant plus chevelus, ce qui n’enlève rien à leur mysticisme, et plus musclés. Le vœu de silence y est remplacé par un vœu de beuglement dont chaque adepte maitrise la sémantique, le minutage et l’intonation.

On brame pour soulever des poids ou pour motiver ses compagnons à le faire. Ces prières originales et multiformes se font toujours à deux et chatouillent systématiquement ma curiosité d’anthropologue dilettante.

« T’es un monstre ! »

« Ouais ! »

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27
avr
09

Prévisions justes

Peter Schiff avait prévu la crise financière et ses principaux mécanismes dés 2006 sous les moqueries d’un plateau “d’experts” hilares qui conseillaient avec beaucoup de conviction d’investir dans les valeurs financières… Des “experts” payés une fortune pour raconter des absurdités sans nom auxquelles ils ne croivent pas eux-même et qui ont certainement contribué à ruiner quantité de ménages américains…

On pourrait penser qu’après la crise financière, ces guignols de la finance avaient été remerciés et qu’ils avaient du se reconvertir dans le One Man Show ou le télévangélisme. Mais je retrouve le Ben Stein qui en 2007 nous assurait avec beaucoup de certitude que le problème des subprimes était un tout petit problème… comme chroniqueur financier sur Yahoo finance us… Et Charles Payne qui nous garantissait début 2007 que le marché de l’emploi et l’immobilier aux us allaient à coup sûr se redresser d’ici la fin de l’année 2007… possède aujourd’hui son propre site web de conseils financiers (http://www.wstreet.com) et son propre show radiophonique… Et je n’ai pas cherché le reste de leurs petits copains…
Ne faudrait-il pas qu’un jour les analystes financiers soient comptables de leurs conseils ?
En tous cas, il reste encore du ménage à faire si l’on veut éviter que les crises se répètent…

26
avr
09

Mexico City, 2009

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Une mégapole de 20 millions d’habitants touchée par un nouveau virus mutant jusque-là inconnu et hautement contagieux, un virus au nom de code étrange, H1N1, plus d’un millier de contaminés et des dizaines de victimes en quelques jours, les écoles et tous les lieux publics, musées, cinémas, restaurants, parcs, théâtres, grandes surfaces sont fermés jusqu’à nouvelle ordre, les messes du dimanche sont annulées, les rues sont désertes, les quelques rares promeneurs portent tous un masque bleu sur la bouche, les pharmacies ont été dévalisées par des habitants en proie à la panique provoquant une inflation monstrueuse du prix des masques et de certains médicaments…

Non vous ne lisez pas le scénario du nouveau film de John Carpenter.

Cette histoire se passe ici, aujourd’hui, dans le vrai monde. C’est à Mexico City et ca fait peur.

24
avr
09

Angoisses Capillaires

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Ma flemme quotidienne me conduisit à prendre ma petite voiture blanche pour me rendre chez le coiffeur qui se trouvait juste en bas de chez moi, à une distance de mon domicile qu’une marche tranquille de quelques minutes aurait largement permis de couvrir. Mes cheveux avaient en effet pris le luxe depuis plusieurs années d’exiger une coupe tous les deux mois, chose à laquelle je ne me soumettais pas sans quelques réticences. Que le lecteur qui tire ses revenus des métiers de la coiffure m’excuse ici mais j’avais, je dois l’admettre, une phobie pour les coiffeurs qui n’avait d’égal que celle que j’entretenais pour les hôpitaux ou pour la vitesse en voiture. Je ne saurais en recouvrer la sibylline origine mais elle allait grandissante avec l’âge me poussant séance après séance à envisager sérieusement l’achat d’une tondeuse ou la collecte d’une coiffeuse. Les problèmes commençaient en général dés l’entrée dans le salon quand, après les salutations d’usage, le coiffeur me lançait un regard silencieux à la sibylline expectative. Il ne m’invitait pas à le suivre directement ou à revenir à un autre moment, comme on aurait pu s’y attendre dans un commerce à produit unique, mais me fixait généralement en silence et attendait avec un sourire bienveillant, et pendant un temps qui pouvait avoisiner la minute, que j’énonce l’objet de ma visite. Il lui arrivait même, au comble de la discourtoisie, de me demander explicitement ce que je venais faire ici.
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23
avr
09

Durban 2

J’ai eu du mal mais j’ai enfin trouvé un article qui hurle pas avec la meute et qui donne un point de vue assez proche du mien sur l’intervention d’Ahmadinedjad durant la Conference contre le Racisme, Durban II…

Le Nord donneur de lecons s’indigne à bon compte et déforme le discours du président Iranien qui, pour une fois, n’avait pas dit que des conneries…

22
avr
09

Hollywood Chewing-gum – Vie et Mort

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J’étais né avec une tête de feuille.
Impeccable feuille d’arbre palmée au limbe étale.

Rien à faire, j’avais un pétiole à la place du cou et une tête plate comme… une feuille d’arbre, veinée de petites nervures obliques…
A ma naissance, mon père flaira l’embrouille, il se doutait bien qu’une tête comme la mienne ne pouvait pas venir de lui. Il soupçonna immédiatement le pauvre chêne du jardin, coupable idéal. Ma mère démentit énergiquement, elle aimait beaucoup ce vieux chêne mais il avait tout de même cent ans… Si elle avait prit un amant, elle l’aurait choisi plus jeune.
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19
avr
09

Le Pays où le bovin est roi

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Parmi les très nombreuses singularités de mon ami Mamadou Diallo, il y en a une qui me marqua plus que les autres (et je ne parle pas de ses oreilles décollées qui sont à Mamadou ce que les rives sont au navire, une inexpugnable enceinte l’isolant pour toujours des terres prospères et rieuses de la séduction): son appartenance, revendiquée et assumée, à la fameuse ethnie Peulh (à vos souhaits). Mon ami Mamadou Diallo, comme tout Peulh qui se respecte, vénère Mahomet et ne mange pas de boeuf (risquez-vous à ne pas respecter le Peulh et vous pourriez vous en mordre les doigts, à moins que vous ne soyez une vache, auquel cas, profitez-en pour vous faire inviter, l’herbe des territoires Peulh bien que jaune et rabougrie n’en est pas moins réputées). Le bovin, chez la plupart des Peulhs est un animal vénéré, qu’on ne tue ni ne vend. Les vaches sont ainsi si bien traitées qu’elles croissent, se mutliplient et finissent par manquer d’espace vital, par manquer de nourriture et par agoniser lentement, la gueule ouverte et désséchée, les narines fumantes, au milieu du cadavre de leurs terres arides, victimes de leur propre voracité gourmande et de l’attention irraisonnée de leurs maîtres Peulhs… Bref mon ami Mamadou Diallo, sourd à ces absurdités dont ses ancétres furent les complices inconscients, me serrait longuement la main ce jour là me fixant de ce regard qui n’appartient qu’aux Peulh et dont la profondeur et l’intensité reviendrait me hanter ces dimanches pluvieux de feignasserie où j’aurais la faiblesse de commander un double cheeseburger tout plein de chair de vache sanguinolante…
Mamadou me fait alors douter du pouvoir civilisateur de l’occident.

19
avr
09

DU LAKH ET DU COCHON

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J’étais convié au baptême musulman du fils d’un de mes collègues. Avide de découvertes et de traditions éloignées, je n’avais pas hésité un instant à quitter mon poste de travail et à repousser la rédaction d’un rapport pourtant capital sur l’extension de nouvelles antennes GSM pour couvrir un hôtel 5 étoiles en construction.

Nous nous entassâmes à 6 dans un cadavre de voiture peint aux couleurs des taxis locaux et qui, contre toute attente, cachait en son cœur un moteur capable de nous transporter.
J’arrivais ainsi sur le lieu du baptême, couvert de ma sueur et d’un peu de celle de mes 5 compagnons, partagé entre excitation et appréhension.
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19
avr
09

Déménagements Impromptus

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Un cambriolage, c’est comme un déménagement dont le client ne connaîtrait ni l’entreprise qui s’en charge ni l’adresse de livraison.
Comme pour un déménagement, reste dans la maison évidée de ses objets et souvenirs la poussière nostalgique d’un moment de la vie tout juste renvoyé au passé… 
 
Le cambriolage est une expérience choquante, particulièrement pour la victime (bien que je ne doute pas des difficultés psychologiques rencontrées par ses auteurs qui, non seulement rongés toutes leurs vies par le remord et la peur d’une punition inéluctable qui réduira leur vie à une longue agonie solitaire, doivent supporter, au moment des faits, plusieurs vagues successives d’adrénaline  provoquant une augmentation de la force des contractions du coeur et pouvant conduire à l’évanouissement voire à la mort, déjouer d’ingénieux systèmes de sécurité payés une fortune pour ne servir qu’une seule fois, porter sur leurs dos souvent abîmé par une vieille vie de cambrioleur, téléviseurs, ordinateurs et machines à laver sans aucune assurance responsabilité civile…).

J’eu la chance au cours des deux dernières années de vivre cette expérience à cinq reprises. A chaque fois, ce fut une joie renouvelée dont l’intensité me provoquait de telles émotions que je ne pouvais m’empêcher d’en partager les vertus inspirantes autour de moi.
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